Voir une pratique dite “alternative” proposée dans un hôpital donne naturellement l’impression qu’elle est validée. Mais est-ce forcément le cas ?
Les Pratiques de Soins Non Conventionnelles (PSNC), appelées aussi "médecines douces" par exemple, ont comme point commun, selon la définition du ministère de la santé, de ne pas être reconnues au plan scientifique, par la médecine conventionnelle, ni enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé.
Leur secteur est en plein essor actuellement et ce particulièrement depuis la crise sanitaire. Ce n'est donc pas si étonnant de les retrouver dans les hôpitaux, EHPAD, maisons de santé, etc., n'est-ce pas? Eh bien ce n'est pas si évident. Les PSNC mènent malheureusement souvent à des dérives thérapeutiques : perte de chance pour le patient suite à des retards de diagnostic, aggravation de l'état de santé, culpabilisation du patient ("si tu es malade, c'est parce que ton énergie vibre trop bas"), entrée dans un nouveau mode de pensée où le rationnel et la vérité sont mis de côté.
La meilleure des choses reste de savoir distinguer les bonnes des mauvaises pratiques.
La PSNC ne doit pas prétendre soigner une pathologie, elle est uniquement là pour offrir du bien-être au patient. Un exemple de bonne pratique : l'art-thérapie peut apporter une petit moment pour s'évader, un espace de non jugement au patient en unité de psychiatrie, dans le cadre d'un traitement et suivi adapté et sans prétention supplémentaire de la personne qui l'exerce. Un exemple de mauvaise pratique : une pratique de bien-être proposée comme alternative à un traitement validé.
En conclusion : certaines "thérapies" alternatives sont de vraies pentes glissantes vers des mécanismes d'emprise (nouveau mode de pensée non rationnel, rejet de la médecine conventionnelle, rupture avec l'entourage). C'est pour cela qu'il faut qu'un cadre rigoureux soit toujours en place.
Le doute n'est pas une attaque, c'est une protection. Et c'est cela qu'on devrait toujours garder en tête : la protection des patients.
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