Les détecteurs de mensonges ou polygraphe ont été développés dans les années 20, aux États-Unis.
Il est important de noter qu'ils ne détectent pas le mensonge à proprement parler mais des réactions physiologiques.
Les principaux paramètres exploités par les détecteurs de mensonges contemporains sont : la fréquence cardiaque, la conductance cutanée, la fréquence respiratoire, la température corporelle, la pression sanguine et le diamètre pupillaire.
Et déjà à ce niveau il y a controverse. Car on peut mentir en étant serein et dire la vérité en étant stressé.
Mais alors, que dit la science ?
Il existe un long rapport commandé par le gouvernement américain qui fait référence dans le domaine.
https://www.nationalacademies.org/read/10420/chapter/1
Voici ce qu'il dit :
Quand les questions portent sur un événement spécifique ("Avez-vous volé cet objet ?", "Avez-vous transmis ce document ?"), le polygraphe semble faire mieux que le hasard.
Mais les études sont souvent de qualité moyenne, les taux d'erreur varient beaucoup et les performances sont loin d'être parfaites.
Si l'on cherche un espion parmi 10 000 employés honnêtes, même un test relativement performant risque de produire beaucoup plus de faux positifs que de véritables détections.
De plus, certaines recherches suggèrent qu'il est possible de tromper le polygraphe à l'aide de différentes contre-mesures, ce qui limite encore davantage sa fiabilité.
Les auteurs expliquent qu'une partie de l'efficacité du polygraphe peut venir de sa réputation.
Certaines personnes avouent simplement parce qu'elles croient que la machine va les démasquer.
Les preuves scientifiques ne justifient pas son utilisation comme outil hautement fiable et son usage pour le dépistage de sécurité à grande échelle est particulièrement problématique.
Crédit photo : cottonbro studio