George Psalmanazar débarque dans l'Angleterre du début du XVIIIᵉ siècle en prétendant être originaire de Formose, l'actuel Taïwan. En 1704, il publie An Historical and Geographical Description of Formosa, présenté comme le témoignage authentique d'un natif.
Il y raconte par exemple que les gens boivent du sang de vipère au petit-déjeuner et pratiquent des sacrifices humains massifs. Le cannibalisme et la polygamie y seraient également autorisés.
Vous vous direz peut-être : c'est quoi ce clown ?
Mais ce n'est pas le cas à l'époque car il est pris au sérieux. Enfin, pas par tout le monde...
Il participe à une confrontation publique devant la Royal Society et y rencontre des savants pour défendre son témoignage.
Son histoire tombe particulièrement bien : les récits consacrés aux contrées lointaines suscitent alors un vif intérêt en Angleterre, tandis que Formose est suffisamment méconnue pour que peu de gens puissent vérifier ses affirmations.
L'évêque de Londres envisage même de lui confier une mission d'évangélisation à Formose.
Il avait d'ailleurs même élaboré un alphabet suffisamment crédible pour qu'il continue à apparaître dans des ouvrages consacrés aux langues bien après que l'imposture ait commencé à être découverte.
Heureusement, certains de ses contemporains relèvent des incohérences dans son discours. Un jésuite ayant voyagé en Chine, le père Fountenay, relève ses erreurs et le confronte publiquement. Psalmanazar parvient néanmoins à retourner la situation à son avantage.
Puis Psalmanazar finit lui-même par reconnaître la supercherie à la fin de sa vie. Il rédige des mémoires confessionnels, publiés après sa mort, dans lesquels il condamne sa supercherie.
Une seule chose ne sera jamais vraiment révélée : sa véritable identité. En effet, George Psalmanazar est un faux nom.
La leçon que nous pourrions en tirer est celle-ci : une source peut avoir l'apparence d'une source primaire exceptionnelle et être précisément la source du mensonge.
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