Et si une étude nous permettait un peu d'optimisme à propos de la désinformation vaccinale sur les réseaux sociaux ?
Entre janvier et août 2023, 14 volontaires, principalement des étudiants en santé publique avec quelques professionnels de santé, ont répondu à des commentaires concernant les vaccins Covid sur des pages Facebook publiques américaines et canadiennes.
Ensuite, les chercheurs ont mesuré l'engagement pour chacune des publications.
Au total, l'échantillon final comporte 2 118 publications, dont 709 sur lesquelles une intervention avait été envisagée et 436 qui ont effectivement reçu au moins une réponse.
Dans cette expérience, les chercheurs ont introduit deux randomisations.
⚪️ Premièrement, les publications apparaissaient dans un ordre aléatoire dans la liste de travail des volontaires : celles situées en haut avaient donc beaucoup plus de chances d'être traitées.
⚪️ Deuxièmement, lorsqu'un volontaire voulait répondre à quelqu'un, un outil lui disait aléatoirement de publier ou de ne pas publier sa réponse.
Dans l'analyse fondée sur l'ordre aléatoire des publications, le résultat le plus robuste concerne les commentaires : une réponse supplémentaire des volontaires correspond à environ 2 commentaires de moins.
L'effet devient plus marqué lorsque l'intervention arrive rapidement. Pour les publications antivaccinales de moins de 14 jours, chaque réponse du volontaire est associée à environ −3,2 % de likes, −3,3 % de commentaires et −5,4 % de réactions positives.
Pour résumer, ce que l'étude suggère c'est que lorsqu'on ajoute des réponses factuelles et relativement empathiques dans certaines conversations Facebook, l'engagement visible avec ces publications diminue légèrement, en particulier les commentaires.
Répondre n'est peut-être pas équivalent à pisser dans un violon numérique, mais l'étude ne permet pas de conclure que corriger quelqu'un sur Facebook le fait changer d'avis.
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