Dans cet article nous parlerons de télépathie avec les animaux, appelée en général communication animale intuitive.
Les prétentions de cette pratique sont donc de pouvoir dialoguer avec les animaux, ressentir leurs douleurs ou émotions et que ce soit en face à face ou à distance grâce à une simple photo la plupart du temps, que l'animal soit mort ou vivant.
Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser de prime abord, d'après les promoteurs de la communication animale, ce n'est pas un don. Et c'est pour cela qu'il existe pléthore de formations plutôt onéreuses pour en apprendre les techniques.
Et pourtant il n'existe à ce jour aucune preuve solide montrant que des humains peuvent communiquer télépathiquement avec les animaux.
Si un tel phénomène existait réellement, il serait relativement simple à tester expérimentalement. Par exemple :
⚪️ plusieurs animaux parmi lesquels un seul possède une caractéristique inconnue du communicant,
⚪️ le communicant travaille uniquement à partir d'une photo anonymisée,
⚪️ les réponses sont comparées au hasard,
⚪️ le protocole est en double aveugle.
Un protocole de ce type empêcherait le communicant d'obtenir des informations involontairement et permettrait de distinguer une véritable capacité du simple hasard. À ce jour, ce type de démonstration convaincante n'a pas été produit.
Certains sont pourtant convaincus que cela fonctionne. Mais pourquoi ?
D'abord, il y a l'effet Barnum. Quand on vous dit que votre animal est parfois inquiet tout en appréciant les moments calmes, on ne peut pas estimer avoir fait un miracle.
Ensuite on peut parler de la lecture à froid, plus souvent appelée cold reading. C'est une technique qui consiste à "lire" une personne par ses réactions, sa manière de s'habiller, sa manière de parler, etc.
Même lorsqu'une séance est réalisée uniquement à partir d'une photo, le propriétaire fournit parfois involontairement de nombreuses informations avant même que la séance ne commence. Ces indices peuvent ensuite être utilisés consciemment ou non par le communicant pour formuler des affirmations qui sembleront très précises.
Également le fait que le protocole n'étant pas rigoureux, il permet de réinterpréter les réponses comme on veut après coup.
Puis, les propriétaires connaissent généralement très bien leur animal. Ils ont naturellement tendance à retenir les éléments qui correspondent à ce qu'ils observent déjà et à oublier ceux qui sont inexacts. Ce biais de confirmation peut renforcer l'impression que la séance était particulièrement pertinente.
Enfin, certains pratiquants (pas tous) utilisent la lecture à chaud, hot reading, qui consiste à récupérer des informations notamment grâce aux réseaux sociaux de la personne.
Conclusion : Aucune preuve solide ne montre que la communication animale possède une efficacité propre. En revanche, lorsqu'elle se substitue aux soins vétérinaires ou s'accompagne d'un système de croyances coûteux, elle peut entraîner plusieurs conséquences problématiques :
⚪️ des retards de prise en charge avec perte de chance pour l'animal,
⚪️ un engagement dans un système de croyances,
⚪️ des coûts parfois exorbitants,
⚪️ le détournement de la médecine basée sur les preuves.
Les praticiens expliquent généralement les échecs par un manque de réceptivité du propriétaire, de l'animal ou du communicant. Ce type d'explication rend la pratique difficilement réfutable : lorsqu'une méthode semble fonctionner, cela la confirme ; lorsqu'elle échoue, cela est attribué à une condition extérieure plutôt qu'à la méthode elle-même.
Super article des Zétérinaires :
https://www.zeterinaires.fr/nofakemed/2022/12/05/la-communication-animale/
Ajouter un commentaire
Commentaires